Historique et contexte


La création de la zone de tranquillité contraignante d’Alou-Siviez, sur la commune de Nendaz est le fruit d’un accord trouvé entre Télénendaz et le WWF, qui a retiré son opposition à la construction de la nouvelle télécabine en échange de la création d’une zone de protection pour la faune. Le projet a ensuite poursuivi une longue procédure cantonale et fédérale, pour être officiellement validé par le Conseil d’État en 2014.

Le but de ces zones est de protéger la faune. Selon la loi fédérale sur la chasse (art. 7, al.4 LChP), les zones de tranquillité servent à protéger les habitats des animaux et à éviter des dérangements excessifs causés par l’augmentation des activités de loisirs. Sur son site internet, l’Office Fédéral de l’Environnement (OFEV) précise que : « Vu le nombre limité d’habitats adéquats, calmes et interconnectés, les animaux sauvages ne peuvent pas toujours éviter les rencontres avec l’homme. Il est donc prioritaire de canaliser les activités humaines en délimitant à cet effet des zones de tranquillité pour la faune, surtout en hiver, afin de laisser des espaces suffisamment vastes où les animaux peuvent se réfugier et se nourrir. Les zones de tranquillité créent une séparation spatiale et temporelle des hommes et de la faune. »

Selon la même source : « les zones de tranquillité servent à canaliser les « utilisateurs » (randonneurs, skieurs, sportifs en tout genre…). Une zone de tranquillité peut être un site autonome ou alors une enclave à l’intérieur d’un site de protection existant (réserves naturelles, districts francs fédéraux) qu’il est interdit de traverser ou de survoler ». En Suisse, il existe 607 zones de tranquillité contraignantes ; 13 d’entre elles se trouvent en Valais. Ces endroits délimités ne doivent donc pas être utilisés ou sous certaines conditions seulement, par les adeptes d’activités de loisirs. Ces restrictions sont valables durant une période déterminée de l’année, dans quelques cas toute l’année.

Il existe des zones de tranquillité contraignantes et des zones de tranquillité recommandées. Les zones de tranquillité contraignantes sont délimitées par le biais d’un processus législatif (ex. via la loi cantonale sur la chasse ou le plan directeur communal) et les infractions commises dans ces zones sont punissables. Aménagées, les zones de tranquillité peuvent toutefois devenir un observatoire de premier rang afin de mieux connaître et protéger les animaux.

Les zones de tranquillité recommandées reposent sur la volonté de chacun de protéger la faune sauvage. Si la situation des animaux ne s’améliore pas sur cette base de responsabilisation volontaire, l’étape suivante peut être l’instauration d’un périmètre par voie légale. Les zones de tranquillité recommandées sont signalées dans différents cantons par les panneaux de la campagne «Sports de neige et respect – respecter c’est protéger ».

Le projet de l’association Lu Tsamô consiste à faire mieux connaitre le rôle de la zone protégée.

Une zone de tranquillité est un instrument mis en place par la Confédération et le Canton pour garantir une possibilité de repli aux animaux sauvages durant l’hiver. Cette période de protection commence le 20 novembre et se termine le 15 avril. 

Durant cette période toute activité humaine est proscrite. (Plus d’informations sur les zones de tranquillité ici)

La montagne fait partie de notre patrimoine et elle attire un grand nombre de visiteurs. Les touristes passent au minimum une journée en altitude lors de leur séjour. La valeur de nos montagnes est donc quotidiennement prouvée par une présence humaine accrue et ce, jusque dans les endroits les plus reculés du pays.



Or, cette affluence comporte des risques et d’importants dégâts sont régulièrement constatés : déchets abandonnés, détérioration des sites,… Plus insidieux, car moins visible, l’impact de la présence humaine sur la faune locale est encore plus préoccupant. Les animaux, stressés, souffrent de graves dérèglements causés par ces rencontres de plus en plus fréquentes avec l’homme. Le chamois, le tétras, le lagopède, le lièvre variable, le cerf et le chevreuil sont particulièrement affectés. Le constat est évident : ces animaux ont besoin d’endroits pour se replier, s’isoler et ne pas être dérangés.

L’association Lu Tsamô a choisi de se focaliser ici sur UN moyen pour atteindre son objectif : faire connaître la nouvelle zone de tranquillité contraignante de Nendaz (récemment validée par le Conseil d’Etat valaisan) dont la surface équivaut à 300 terrains de foot !